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Masques du Carnaval de Venise

Le port des masques à Venise date de la nuit des temps, les déguisements, les loups et les masques font partie de l'histoire de la ville.

Le déguisement vénitien le plus répandu est la bauta, le favori des Vénitiens. Il comprend, une grande cape, un tricorne, tous deux de couleur noire, et le "volvo" de soie (masque blanc) qui dissimule le visage. La bauta garanti l'anonymat le plus complet, car elle permet de boire et de manger sans retirer le masque.

labauta

La moretta, masque ovale de velours noir, porté par les femmes est maintenu sur le visage grâce à un bouton  que l'on tient avec la bouche, la femme qui porte ce masque ne peut pas parler.

moretta

Il y a aussi les masques des personnages de la commedia dell'arte:

Dans cette forme de théâtre, les acteurs interprétaient des personnages en improvisant autour de thèmes donnés.

Arlequin et Colombine, Polichinelle, Pierrot, Pantalon, Capitan, Le docteur et bien d'autres...

arlequinArlequincolombine2Colombine

pantalonPantalon

A partir d'une intrigue simple, ils improvisent des comédies mêlées de chants, de danses, d'acrobaties, tous les acteurs portent des masques, à l'exception des rôles amoureux.

Les artisans vénitiens "les mascareri" sont passés maîtres dans l'art du masque, aujourd'hui encore ils  continuent de fabriquer des masques de la commedia dell'arte.

masque

 

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Poème "Venise"

 Venise

Dans Venise la rouge,
Pas un bateau qui bouge,
Pas un pêcheur dans l'eau,
Pas un falot.

Seul, assis à la grève,
Le grand lion soulève,
Sur l'horizon serein,
Son pied d'airain.

Autour de lui, par groupes,
Navires et chaloupes,
Pareils à des hérons
Couchés en ronds,

Dorment sur l'eau qui fume,
Et croisent dans la brume,
En légers tourbillons,
Leurs papillons.

La lune qui s'efface
Couvre son front qui passe
D'un nuage étoilé
Demi-voilé.

Ainsi, la dame abbesse
De Sainte Croix rabaisse
Sa cape aux larges plis
Sur son surplis.

Et les palais antiques,
Et les graves portiques,
Et les blancs escaliers
Des chevaliers,

Et les ponts, et les rues,
Et les mornes statues,
Et le golfe mouvant
Qui tremble au vent,

Tout se tait, fors les gardes
Aux longues hallebardes,
Qui veillent aux créneaux
Des arsenaux.

Ah! maintenant plus d'une
Attend, au clair de lune,
Quelque jeune muguet, 
L'oreille au guet.

Pour le bal qu'on prépare,
Plus d'une se pare,
Met devant son miroir
Le masque noir.

Sur sa couche embaumée,
La Vanina pâmée
Presse encor son amant,
En s'endormant;

Et Narcissa, la folle,
Au fond de sa gondole,
S'oublie en un festin
Jusqu'au matin.

Et qui, dans l'Italie,
N'a son grain de folie?
Qui ne garde aux amours
Ses plus beaux jours?

Laissons la vieille horloge,
Au palais du vieux doge,
Lui compter de ses nuits
Les longs ennuis.

Comptons plutôt, ma belle,
Sur ta bouche rebelle
Tant de baisers donnés...
Ou pardonnés.

Comptons plutôt tes charmes,
Comptons les douces larmes,
Qu'à nos yeux a coûté
La volupté!

Alfred De Musset

 

 

 

 

 

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