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Poème: Vagues à lames

Mardi 14 Aout 2007, 23:00 GMT+2par MCM

 Vagues à lames

C'est au fond de la mer que naît le coeur des vagues,
Et, sur le bord du sable elles viennent mourir,
Une vie éphémère en paysage d'algues,
L'une d'elle s'en vient l'autre part en soupir.

Leur manège incessant est comme notre errance,
Un jour elles sont juste un doux frémissement,
Un autre, comme un songe en son évanescence,
Puis s'en vient la colère en un sourd grondement.

À les voir divaguer, à l'instar d'une foule,
Ou à jouer parfois comme à saute-mouton,
On imagine bien les ragots de la houle,
Mais l'océan se rit de ces qu'en-dira-ton.

Les vagues c'est aussi, cette éternelle course
Que l'homme à chaque instant mène comme un combat;
On vient on ne sait d'où, on recherche sa source,
Et un soir on s'affale en chêne qu'on abat.

Charly Lellouche

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Poème: Le mois d'Août

Jeudi 9 Aout 2007, 18:00 GMT+2par MCM

 Le mois d'Août

Ô mes frères, voici le beau temps des vacances!
Le mois d'août, appelé par dix mois d'espérances!
De bien loin votre aîné; je ne puis oublier
Août et ses jeux riants; alors, pauvre écolier,
Je veux voir mon pays, notre petit domaine;
Et toujours le mois d'août au logis nous ramène,
Tant un coeur qui nourrit un regret insensé,
Un coeur tendre s'abuse et vit dans le passé!

Voici le beau mois d'août: en courses, camarades!
La chasse le matin, et le soir les baignades!
Vraiment, pour une année, à peine nos parents
Nous ont-ils reconnus: vous si forts et si grands,
Moi courbé, moi pensif - Ô changements contraires!
La jeunesse vous cherche, elle me fuit, mes frères;
Gaîment vous dépenser vos jours sans les compter,
Econome du temps je voudrais l'arrêter.

Mais aux pierres du quai déjà la mer est haute:
Toi, mon plus jeune frère, allons! Gagnons la côte;
En chemin par les blés tu liras tes leçons,
Ou bien tu cueilleras des mûres aux buissons.
Hâtons-nous! Le soleil nous brûle sur ces roches!
Ne sens-tu pas venir d'ici les vagues toutes proches?
Et la mer! L'entends-tu? Vois-tu tous ces pêcheurs?
N'entends-tu pas les cris et les bras des nageurs?

Ah! Rendez-moi la mer et les bruits du rivage:
C'est là que s'éveilla mon enfance sauvage;
Dans ces flots, orageux comme mon avenir,
Se reflète ma vie et tout mon souvenir!
La mer! J'aime la mer mugissante et houleuse,
Ou, comme en un bassin une liqueur huileuse
La mer calme et argent! Sur ses flancs écumeux
Quel plaisir de descendre et de bondir comme eux,
Ou, mollement bercé, retenant son haleine,
De céder comme une algue au flux qui vous entraîne!

Alors on ne voit plus que l'onde et que les cieux,
Les nuages dorés passant silencieux,
Et les oiseaux de mer, tous allongeant la tête
Et jetant un cri sourd en signe de tempête...
Ô mer, dans ton repos, dans tes bruits, dans ton air,
Comme un amant, je t'aime! et te salue, ô mer!

Assez, assez nager! Lombre vient, la mer tremble;
Contre les flots, mon frère, assez lutter ensemble!

Retrempés dans leur sel, assouplis et nerveux,

Partons! Le vent du soir séchera nos cheveux.

Auguste Brizeux

 

 

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