Vendredi 7 Mar 2008
Par MCM, Vendredi 7 Mar 2008 à 18:30 GMT+2 dans J'AIME LES POEMES
Le ravin aux coquelicots Dans un creux sauvage et muet Qui n'est pas connu du bluet Ni de la chèvre ai pied fluet Ni de personne, Loin des sentiers des bourricots, Loin des bruits réveilleurs d'échos, Un foullis de coquelicots Songe et frisonne. Ils bruissent dans l'air léger Sitôt que le temps va changer, Au moindre aquilon passager Qui les tapote, Et se démènent tous si fort Sous le terrible vent du Nord Qu'on dirait du sang qui se tord Et qui clapote. Frôlés ses oiseaux rebâcheurs Et des sidérales blancheurs, Ils poussent là dans les fraîcheurs Et les vertiges, Aussi bien que dans les sillons; Et tous ces jolis vermillons Tremblent comme des papillons Au bout des tiges. Les carmins et les incarnats, La pourpre des assassinats, Tous les rubis, tous les grenats Luisent en elles; C'est pourquoi, par certains midis, Leurs doux pétales attiédis Sont le radieux paradis Des coccinelles. 
Maurice Rollinat |
2 commentaires - aucun rétrolien